STATIONNEMENT : ENTRE RAISON ET PASSION

L’attrait touristique indéniable de Lyons-la-Forêt, notre «plus beau village de France», nous
engage à tenir compte des évolutions de la société et des obligations de tout un chacun à
l’égard des autres.
L’examen des cartes postales anciennes de la commune est un excellent moyen de mesurer
ces évolutions. Lyons au début du XXème siècle avait une Place de la Halle entièrement dédiée
aux marchés de denrées agricoles et d’animaux. Le film Madame Bovary et sa scène du
comice agricole l’illustrent parfaitement. Pendant la période des trente glorieuses, le centre
de Lyons est tout dévoué à l’automobile qui va jusqu’à occuper tout l’espace disponible.
Enfin, le tourisme, les week-ends et les 35 heures s’installent et les automobiles laissent la
place aux parasols et aux fauteuils. Aujourd’hui, les piétons (habitants, résidents, visiteurs,
touristes) s’approprient la totalité de la place Benserade.

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Que les piétons (adultes jeunes ou vieux, enfants grands ou petits avec ou sans poussettes)
soient devenus prioritaires n’est que raison.
Avoir systématiquement sous les yeux sa voiture ou sa moto en sirotant son café, en
achetant son pain ou en faisant son marché, n’est qu’une passion devenue secondaire (et
somme toute un peu désuète).
150 mètres à peine séparent la place du Besguay de la Halle. On est souvent plus loin du
centre en étant garé dans la rue de libération ou dans le bas de celle de Hôtel de Ville que
de la caserne des pompiers.
Sur un autre plan, le centre et sa motte féodale, au carrefour de la D6 (Vascoeuil – Etrépagny),
la D2 (direction les Andelys) et la D321 (Charleval – La Feuillie) conduisent mécaniquement
à des difficultés en matière de trafic (cars, camions, camping-cars, engins agricoles…)
et de fluidité de circulation (étroitesse de certaines voies de circulation).
Ce sont bien ces considérations qui ont conduit la municipalité à réglementer le stationnement
; mais en le conservant gratuit. Une douzaine de places ont été mises sous la réglementation
de la zone bleue en plus des cinq places pour handicapés et d’une place réservée
aux convoyeurs de fonds devant la banque. Nous rétablirons un arrêt minute devant la
pharmacie.
Nous avons comptabilisé plus de 270 places de stationnement autorisés dans le centre
bourg, ce qui n’est pas rien pour trouver une place de stationnement, contrairement à une
idée reçue.
Nous avons posé des barrières pour empêcher le stationnement gênant là où c’était nécessaire
et protégé un espace motos sur la place. Ainsi les motos bénéficient de trois parkings
groupés (place du Besguay, allée des tilleuls et place de la Halle).
Côté passion, il a fallu dissuader le stationnement gênant, certes coûteux au regard de
nouveaux tarifs nationaux d’amendes (10% des verbalisations à 135 €), mais ô combien
dangereux pour les piétons et particulièrement les jeunes enfants contraints à descendre
sur la chaussée ; et ô combien un frein à la fluidité du trafic dans le centre. Heureusement
les appels à la raison ont été entendus et nos agents ASVP n’ont au final connu que très
peu d’altercations. Leurs patrouilles sont devenues familières aux Lyonsais et en rassurent
beaucoup.
Nous sommes sur la bonne voie d’un retour à des conditions de circulation et de stationnement
convenables pour notre village. La tâche est loin d’être facile pour nos agents et les
membres du conseil municipal, mais nous sommes persuadés que la raison l’emportera sur la passion.

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